Mercredi 11 novembre 2009
Vous n'êtes ni docteurs
es police, ni des
docteurs es proxénétisme ;
on vous abuse étrangement
en vous vantant la
nécessité d'une régle-
mentation morale d'exception ou celle d'un encasernement
obliga-
toire. La société exploite déjà assez les malheureuses prostituées pour
le compte d'individualités méprisables et même, on vous l'a dit, pour
celui de municipalités peu scrupuleuses, sans que
l'approbation des
sociétés scientifiques mutuelles
vienne consacrer de si dangereux
agissements.
Des faits récenls seraient là pour nous le prouver si cette question
n'était actuellement bien jugée ; ils vous démontrent tout au moins le
cas qu'il faut faire,
même de l'exceptionnelle qualité des agents d'une
exceptionnelle morale.
Je ne veux point
opposer ces hasards de
police journalière à mes
confrères irrédentistes ; j'ai placé personnellement la
question sur
son véritable terrain, sur celui de l'action médicale : oui ou non, la
meilleure mutuelle prophylaxie de la contagion vénérienne est-elle
de soigner
les vénériens ?
N'est-il pas inconcevable qu'une vérité aussi banale,
qu'une telle
naïveté hygiénique, allais—je dire, prenne les allures d'une sensation-
nelle réforme ?
Vous êtes instruits par
des siècles de répression
inhumaine sur
l'inutilité des mesures mutuelles médico-policières en usage et
j'ai trop insisté
sur la nécessité d'une
action prophylactique libérale pour que je
croie'utile de revenir sur les avantages de mon projet au point de vue
sanitaire.
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Mercredi 11 novembre 2009
Le danger local qu'entraînerait un essai isolé
est purement imagi-
naire, car le maintien
de la réglementation actuelle, en s'opposant
aux manifestations extérieures répréhensibles de la prostitution,
arrê-
tera toujours l'exode des
prostituées étrangères vers une ville qui
ne se départira, d'ailleurs, de ses rigueurs
coutumières qu'à l'égard
des filles de bonne
volonté mutuelle
se soumettant de leur plein gré à des
visites d'hygiène préventive, et remplissant ainsi le seul devoir social
que l'hygiène permette de
leur imposer.
La création du livret
sanitaire dont vous connaissez tous, j'espère,
le véritable fonctionnement, constituera, même à cet égard, une
réelle garantie, puisqu'il apportera, si on le.veut,
très rapidement
une gêne réelle au
commerce illicite. Qu'on n'oublie pas, cependant,
que cette mesure sanitaire n'est qu'une véritable
précaution de luxe
pouvant ajouter son effet
à celui d'une action
médicale humanitaire mutuelle
et éclairée, mais ne
la primant aucunement.
En résumé, si vous
considérez qu'en mettant enjeu tous les inté-
rêts dont relève la
prostitution au point de
vue social comme au
point de vue purement
individuel, mon projet présente, avec les
mesures de réglementation les plus ellicaces qu'on puisse rêver, la
seule difl'érence, tout à
son avantage, de respecter les droits impres-
criptibles de la liberté
individuelle el d'assurer la libération de la
femme, je ne puis
craindre d'affirmer qu'il est du devoir de tous et
surtout |des organisations sociales mutuelle, quelles qu'elles soient, munici-
pales ou autres, d'assurer sa réalisation, afin
d'établir une des plus
intéressantes et plus urgentes réformes médico-sociales.
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Mercredi 11 novembre 2009
Les extraits que je
YOUS ai donnés
précédemment du rapport de Mme Savioz de Sainte-Croix, au Con-
grès de la Condition
et des Droits de
la femme en mutuelle, vous l'avaient fait
pressentir certainement et les graphiques intéressants que
le D'Clado
a joints à son
récent travail sur la
question vous en paraîtront la plus
impartiale démonstration.
Qu'il soit utile de
prendre, comme en Angleterre ou en Grèce,
par exemple, des mesures
légales accessoires telles que la recherche
de la paternité, la
responsabilité mutuelle
de la séduction ou de l'abandon,
la
répression du commerce des mineures, la responsabilité
familiale ou
la répression de la
traite des blanches, dont-on s'occupe activement
chez nous à la
suite d'une récente el
retentissante campagne, qui, en
s'opposant au recrutement incessant de la prostitution,
faciliteront la
prophylaxie vénérienne, je n'ai jamais songé seulement
à le contester ;
mais je pense qu'il
est plus utile encore
d'organiser pratiquement,
sous le couvert d'une
oeuvre d'assistance morale, la seule réglemen-
tation d'exception qu'exige le souci de la santé publique. Le médecin
le plus libéral et
le plus humain ne
saurait trouver à redire
à sa
réalisation pratique et n'ai-je pas le droit d'être fier déjà d'avoir
converti à mes idées
fabolitionniste convaincu que se déclarait
récemment encore M. le
Dr Bordier?
Comme le projet de
la CHOIX MÉDICALE offre
toutes les garanties
morales nécessaires et qu'il sera très facile à la Société de Médecine
et de Pharmacie de
l'Isère, à laquelle je
l'ai soumis par un
acte de
respectueuse déférence, d'assurer son organisation mutuelle
définitive, je crois
que sa réalisation doit
être souhaitée par tous
les médecins de coeur
ayanl quelque souci de
leur devoir social.
La nécessité d'une oeuvre
d'action pratique s'impose donc; mais
si je ne doute
pas qu'enfin, mieux éclairée el stimulée par le savant
et l'homme d'action qu'csl sans conteste à la fois f éminent directeur
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Mercredi 11 novembre 2009
Je ne puis, Messieurs,
que remercier personnellement M. le
Dr Bordier de l'appui
trop élogieux qu'il a
bien voulu donner plu-
sieurs ibis, au cours
de sou exposé, à
mon projet de la
CHOIX MÉDI-
CALE ; mais, bien
que l'heure tardive nous
interdise d'engager la dis-
cussion, je vous demanderai de bien vouloir
me permettre de répondre
brièvement, sans attendre la prochaine séance, à quelques-unes
des objections que paraît
devoir soulever, pour mon
émincnt con-
frère, la réalisation pratique
en mutuelle de mon oeuvre sanitaire et morale.
J'insisterai tout d'abord, cependant, sur la confirmation
mutuelle
que reçoi-
vent du travail de
M. Bordier, comme de
tous les travaux ayant
plus
spécialement traita l'histoire de la réglementation delà
prostitution,
la plupart des considérations que j'ai développées
déjà devant vous.
C'est ainsi surtout que
s'affirme la nécessité absolue de la sépara-
tion de la réglementation
policière et de l'action
médicale que j'ai
été le premier à
réclamer catégoriquement comme la seule façon
d'arriver à concilier pratiquement le respect de
la liberté individuelle
et la loi du salut public.
L'exemple des pays plus
libéraux où l'accord s'est trouvé réalisé
parla substitution à la
réglementation mutuelle
policière de faction médicale
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Quand vous iiiciilpcric/. toutes les pros-
tituées de vagabondage spécial, comme on vous fa dit,'et que vous
loin donneriez à choisir
entre l'expulsion ou la
soumission à cer-
taines pratiques médicales mutuelle, jamais ce compromis n'aura
de bases
légales. Si même une
loi y aidait, ces
prescriptions ne sauraient
atteindre le corps'de la
femme. On voit qu'il
est difficile d'exciper ici
des prescriptions d'hygiène légale imposées pour les autres maladies
contagieuses. Là vous désinfectez la chambre ou
'les objets ayant
servi au malade, ici
il faudrait désinfecter la malade et le malade
aussi, car il ne
doit pas être oubliédans
cette discussion.
Qu'importent donc les.mesures d'exception, môme.légales, si nous
avons d'autres 'moyens à
: mettre en oeuvre?"
Douteriez-vous de leur efficacité ? C'est un devoir absolu .cepen-
dant de les essayer.
S'ils sont insuffisants,, vous leur joindrez toutes
mesures nécessaires,, ruais' il est impossible de prétendre'qu'ils le
seront parce qu'ils respectent les droits imprescriptibles de la liberté
individuelle et assurent la libération de la femme. C'est la seule
différence qu'ils présentent avec les mesures de. réglementation mutuelle
poli-
cière les plus efficaces
qu'on puisse rêver, et
cette différence est, sans
conteste, tout à leur
avantage.
Les questions d'argent, 1res secondaires dans ce cas particulier,
seront très facilement réglées ; il nous suffira d'abord d'emprunter
votre concours très précieux dans les premières
demandes officielles
indispensables en mutuelle.
Vous pouvez, sans méconnaître aucun devoir, bien
au contraire,
vous intéresser à une
oui vie de salubrité
publique el de libération
sociale, dont le .développement' presque certain-donnera h votre
Société un grand renom
de science et de
sagesse. Vous le dire,
c'esl
'escompter par avance votre libérale acceptation.
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